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Alexandre le grand et la famille de darius

© coll. Musées de Chambéry


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INFORMATIONS SUR L'OEUVRE

Claudio Francesco Beaumont, (Turin 1694-1766)
Alexandre le Grand et la famille de Darius, XVIIIe siècle

Huile sur toile
Hauteur : 313 cm, Largeur : 611 cm
Don de Victor Emmanuel II, 1850

Historique :

En 1776 cette toile se trouvait dans une des salles du premier étage du palais royal à Turin. Elle passa au Palais Madame au XIXieme siècle, avant d’être donnée vers 1850 par Victor-Emmanuel II au musée de Chambéry.
Elle a été restaurée en 1966 et 2001.

Présentation de l’artiste 

Né le 4 juillet 1694 à Turin, d’origine française, d’une famille de Montpellier. Mort le 21 juin 1766 à Turin. Peintre de scènes mythologiques, compositions religieuses, fresquiste et dessinateur.
Beaumont séjourne à Bologne puis à Rome où il travaille sous la direction de Trévisani dont le musée conserve une Sainte Geneviève et qui jouit alors d’une grande renommée. Le Duc Charles-Emmanuel lui accorda une pension qui lui permit d’étudier à Rome, de 1716 à 1719. En 1727 le duc Victor-Amédée II de Savoie lui commanda un tableau pour Tivoli et en 1731 il fut nommé officiellement peintre de la cour de Turin avant d’être fait premier peintre du roi et chevalier. Membre honoraire de l’académie Saint-Luc de Rome, il devint directeur de l’ académie de Turin où il créa une manufacture de tapisseries.
Il exécuta au palais royal une série de peintures à fresque, au nombre desquelles, on remarque le jugement de Pâris et l’enlèvement d’Hélène. Les églises de Turin et celles des environs lui doivent des tableaux d’autel.
Beaumont apparaît comme le chef de file du baroque piémontais ; artiste éclectique, il a su assimiler les leçons des Bolonais, des Romains et des Napolitains, nombreux alors dans Turin devenue un vaste chantier sous les règnes de Victor-amédée II et de Charles-Emmanuel III.

Mouvement

Le mot baroque dérive du portugais Barroco, qui veut dire perle irrégulière et qui est devenu synonyme de bizarre au début du XVIIIeme siècle. Depuis 1860, les historiens de l’art l’utilisent pour cerner l’un des mouvements majeurs du XVIIeme siècle et l’opposent au classicisme. Ce grand courant est né à Rome vers 1630 et se développe à travers l’Europe dans les pays catholiques jusqu’en 1710-1720 à la faveur d’un contexte religieux mouvementé. Le baroque adopte la peinture décorative plus que la peinture de chevalet. Il cherche à éblouir et à surprendre. L’emphase, la liberté imaginative, le mouvement et la profusion ornementale caractérisent ce style. La composition décorative et monumentale, décrit une spirale tourbillonnante ou une diagonale ascensionnelle. Le baroque, très pictural se reconnaît au coloris et aux effets de matière. Le style baroque tardif, auquel se rattache Francesco Beaumont, fait progressivement place à une décoration rococo, laquelle, cependant, contraste avec ce que l’on appela plus tard le baroque. En opposition au baroque on trouve l’art classique souvent directement assimilé à la France comme un art au service de la Monarchie

Sujet

Le sujet à été maintes fois traité depuis la célèbre composition de Charles Le Brun sur le même thème dont Beaumont se souvient manifestement. La scène est tirée de la vie des hommes illustres de Plutarque.
Alexandre ayant vaincu à Issus le roi des Perses, Darius, se repose dans la tente de son adversaire enfui. C’est alors qu’on lui amène parmi les captifs la famille de Darius, sa mère, sa femme et ses deux filles. Alors qu’elles implorent sa clémence, Alexandre leur déclare qu’il ne faisait la guerre à Darius que pour l’empire ; et qu’elles trouveraient auprès de lui, tout ce qu’elles recevaient de ce prince dans sa plus grande fortune. Ces paroles si douces et consolantes pour des princesses captives furent suivies d’effets pleins de bonté ; il leur permit d’enterrer autant de perses qu’elles voudraient, et de prendre dans les dépouilles, pour ces funérailles, tous les habits et les ornements dont elles auraient besoin. Ce thème montrant la magnanimité d’un vainqueur auquel tout souverain rêvait de ressembler, devait avoir un succès prolongé dans les programmes décoratifs des résidences royales.

Composition et commentaire

La scène est traditionnellement située sous la tente du général macédonien. Dans les types de visages, dans la construction de l’anatomie des silhouettes et dans la savante organisation de la composition, le style de Beaumont est très reconnaissable.
Cette composition s’ordonne autour du groupe constitué par la femme de Darius, l’enfant qu’ elle présente pour attendrir le vainqueur et la jeune suivante noire. Un grand prêtre semble intercéder en faveur des prisonnières. Alexandre, un peu en retrait, dans un costume romain de convention sans doute inspiré du théâtre, les considère avec bienveillance. Dans une échappée à droite, nous voyons les soldats apportant le butin pris à l’ennemi. La richesse des costumes, une certaine recherche d’exotisme, le sens du mouvement sont caractéristiques de la grande peinture baroque dont Turin fut un des centres.

Autres œuvres de l’artiste dans les collections des musées

Ce grand tableau a un pendant Annibal jurant haine aux romains, représentant deux autres vertus appréciées chez les généraux, le courage et la détermination.

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